1) Si l’homme est le fruit du hasard, fruit d’une évolution issue d’une rencontre fortuite entre deux algues ou deux cellules générées spontanément, apparaissant soudain dans le néant, les problèmes qu’il vit aujourd’hui n’ont que le sens du symptôme qu’ils manifestent. S’il souffre de dépression, il faut seulement résoudre cette dépression et non utiliser les thèmes de cette étape de vie douloureuse pour rechercher un sens plus profond à sa vie.
En effet, la vie étant seulement limitée aux deux bornes de la naissance et de la mort, le seul but de cette vie est de vivre le minimum de tensions et le plus d’harmonie possibles avec son milieu, en d’autres mots, le but de la vie serait de vivre le plus de plaisir et le moins de douleurs possibles. Si l’on éprouve des difficultés, elles n’ont de sens que de nous empêcher de vivre plaisamment, c’est la raison pour laquelle nous sommes malheureux. Ainsi la confusion entre plaisir et bonheur est consommée. Selon ce point de vue, le bonheur n’est que le fait de n’avoir pas de problèmes ni de difficultés, ni de tensions, en un mot comme en cent, le bonheur c’est d’avoir du fun. Fun dans la relation avec soi-même, avec les autres, son environnement et peut-être son histoire. Point final.
Ainsi, face à tout problème de vie, l’on va avant tout, chercher à en réduire l’impact émotionnel, c’est-à-dire à moins souffrir. Le symptôme sera le but et non le moyen qui peut nous parler d’un manque plus grand. La dimension morale ou spirituelle de celui-ci ne sera que peu ou pas interrogée. La psychothérapie servira à soulager le symptôme. Mais, neutralité plus ou moins bienveillante oblige!, elle n’ira pas plus loin en intégrant une vision plus large, plus métaphysique de sa propre vie et du sens de celle-ci. Forcément, l’homme n’étant que le fruit du hasard, sa vie n’étant qu’immédiate, comment pourrait-il y avoir un sens plus grand que lui? Comment sa vie pourrait avoir un sens, une mission, une vision ne se limitant pas à sa vie terrestre? Comment un problème de santé mentale ne pourrait-il pas être le média d’un problème plus grave et plus important que sa vie immédiate?…
Dans cette optique, l’angoisse, par exemple, ne sera qu’un problème de fonctionnement, d’énergie, de conflit, de frustration ou d’apprentissage (…) qu’il faudra chercher à interroger dans le but d’en réduire la souffrance ou en tout cas la comprendre.
Un peu comme dans la blague du patient qui après 15 ans de psychothérapie disait: « Je vais mieux, je suis toujours angoissé, mais maintenant je sais pourquoi! »
L’homme du hasard pourra même s’inventer toutes sortes de dieux pour moins souffrir de l’angoisse qui le suit comme son ombre. Mais il restera l’origine et la finalité de toutes choses. Car il est seul, irrémédiablement seul. Seul et vide.
Plus de 200 modèles de psychothérapie traitent la souffrance humaine comme étant un phénomène contextuelle. C’est à cause de ses conditions de vie, de son histoire personnelle, de ses relations, de la structure de sa personnalité, de sa perception distordue, de ses aspirations déçues ou de ses maladies, (…), que l’homme est malheureux dans la vie.
2) Si l’homme est le fruit d’une pensée et d’une volonté qui l’ont créé et sorti du néant, tous les problèmes de la vie de celui-ci vont prendre une autre tournure.

En effet si l’homme est le produit d’une relation qui le dépasse, toute aliénation, toute séparation d’avec cette relation engendra forcément une foule de problèmes. Certes, l’homme n’est plus perdu seul dans le hasard, mais son existence a maintenant un sens plus grand que sa vie terrestre. Il peut même être en dehors de la relation qui l’a créé, mais il n’est plus seul dans l’univers.
Ainsi les relations qu’il pourrait vivre ne sont plus seulement horizontales car il peut entrer dans une troisième dimension : celle de la relation avec son créateur. L’homme n’invente pas Dieu, comme dans la conception précédente, mais il est pensé, voulu et aimé par Dieu qui l’a créé.
Dans cette optique, tout problème nous ramènera toujours à l’interrogation d’une dimension plus grande que l’immédiateté dans laquelle il nous semble vivre. Notre manque d’affection, notre peur de l’abandon ou de l’abus, notre sentiment de rejet ne seront pas que des éléments de notre vécu, mais aussi les vecteurs de nos besoins de relation inconditionnelle. Parce que nous avons été créé pour un but plus grand que nous, plus parfait, plus complet, nous avons en nous le désir profond d’absolu. Nous ne vivons pas en fonction d’un destin impersonnel qui détermine tout, nous vivons dans ou hors d’une relation dont nous avons besoin : la relation avec notre créateur. Celui-ci de loin supérieur à l’homme mais qui lui ressemble par essence. Nous ne pourrions pas être en relation avec une machine ou une idée. Nous ne pouvons l’être qu’avec une personne qui est la Personne.
La relation, et non la religion qui est une forme de pouvoir, est le but de tout problème, difficulté de vie ou maladie existante. Ce n’est plus le symptôme en tant que but, ni le syndrome (ensemble de symptômes) qu’il faut seulement consid
érer, mais c’est le symptôme en tant que moyen de corriger une attitude nous éloignant de la relation pour laquelle nous existons. La psychothérapie dans cette optique, c’est de favoriser cette relation en interrogeant toute pensée et attitude pathogènes à la lumière du besoin d’absolu de l’être humain créé. La psychothérapie oeuvre ici comme « une réparation des brèches et une restauration des chemins de vie qui rendent le pays habitable et qui relèvent des fondements anciens » (La Bible, Esaïe 58:12)
Pour des raisons particulières, dès sa naissance l’homme est en rupture de relation avec son créateur. Le but de sa vie terrestre sera par conséquent de chercher à restaurer cette relation et ainsi de permettre sa propre croissance personnelle en dépit de tout obstacle. C’est ainsi qu’il trouvera son but, sa mission ou son appel qui sera celui qui fut formé dans le cœur de son créateur bien avant la fondation du monde.
Son bonheur dépendra de la qualité de sa relation avec son Dieu.